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Pisseuse (falaises du Cap Blanc-Nez, Pas-de-Calais)
Les « pisseuses » observées au pied ou sur les parois des falaises de craie du littoral de la Manche correspondent à des exsurgences d’eaux souterraines issues de la nappe contenue dans les formations crayeuses du Crétacé supérieur. Elles se manifestent sous la forme de filets d’eau ou de petites cascades suintant de la falaise, parfois de manière quasi permanente.
La craie est une roche carbonatée très particulière : malgré son apparence compacte, elle possède une porosité très élevée, souvent comprise entre 30 et 40 %. Cette porosité résulte de la structure microscopique de la roche, composée d’innombrables débris calcaires d’organismes planctoniques (notamment les coccolithophoridés). Cette micro-porosité permet à la craie de constituer un important réservoir aquifère.
Les eaux de pluie qui tombent sur les plateaux crayeux de Normandie et du Boulonnais s’infiltrent facilement dans cette roche. Elles circulent lentement à travers le réseau de pores et de fractures, constituant la nappe phréatique de la craie, qui peut s’étendre sur de vastes surfaces.
Lorsque cette nappe rencontre la paroi verticale des falaises littorales, le niveau piézométrique se trouve brusquement recoupé par la topographie. L’eau souterraine s’écoule alors naturellement vers l’extérieur et apparaît sous forme de sources de suintement. Ces écoulements sont localisés préférentiellement au niveau de discontinuités géologiques : fractures, joints de stratification, niveaux marneux moins perméables ou interfaces entre couches de craie.
La sortie de ces eaux provoque localement un ramollissement et une altération de la craie, favorisant les phénomènes d’éboulement ou de glissement à la base des falaises. Les « pisseuses » participent ainsi indirectement au recul du trait de côte en affaiblissant les niveaux rocheux.
Ces écoulements sont particulièrement visibles après les périodes pluvieuses ou en hiver, lorsque la nappe crayeuse est plus élevée. Ils illustrent parfaitement le fonctionnement hydrogéologique des aquifères de craie, bien connus en Europe occidentale.
Les « pisseuses » constituent l’expression visible du drainage naturel de la nappe phréatique de la craie au niveau des falaises littorales, où l’eau des précipitations, devenue une temps souterraine, rejoint directement la mer après avoir circulé dans la roche.
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