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LE RECYCLAGE ET LA VALORISATION DES PLASTIQUES USAGÉS - Planche 3 : Les différentes voies de valorisation des plastiques
1. Réemploi et réutilisation
Avant de recycler un objet en plastique, on peut parfois l’utiliser de nouveau. C’est le cas de certaines caisses, palettes, bouteilles consignées ou autres objets réutilisables. Leur durée de vie est ainsi prolongée et la fabrication de nouveaux produits est évitée. Le réemploi permet donc d’économiser des matières premières et de l’énergie.
2. Recyclage matière
Lorsqu’un plastique ne peut plus être réutilisé, il peut parfois être recyclé. Après le tri, le broyage et le lavage, il est transformé en paillettes, puis fondu et généralement converti en granulés. Cette matière recyclée sert à fabriquer de nouveaux objets : bouteilles, tuyaux, caisses, mobilier ou pièces diverses. Tous les plastiques ne se recyclent cependant pas aussi facilement.
3. Recyclage chimique
Certains déchets plastiques difficiles à recycler peuvent subir des transformations chimiques. Les longues molécules qui constituent le plastique sont alors décomposées en molécules plus petites. Selon le procédé utilisé, celles-ci pourront servir de matières premières pour fabriquer de nouveaux produits chimiques ou de nouveaux plastiques. Ces techniques sont plus complexes et ne conviennent pas à tous les déchets.
4. Valorisation énergétique
Lorsque le plastique ne peut plus être réemployé ou recyclé, il peut être brûlé dans des installations adaptées. La chaleur produite permet de chauffer des bâtiments ou de produire de l’électricité. Cette solution récupère une partie de l’énergie contenue dans le plastique, mais la matière elle-même est détruite. Elle doit donc rester une solution destinée aux déchets qui ne peuvent plus être recyclés.
Toutes les solutions ne se valent pas
La meilleure solution consiste d’abord à produire moins de déchets et à fabriquer des objets durables. Il faut ensuite essayer de les réemployer le plus longtemps possible. Lorsqu’ils deviennent des déchets, le recyclage permet de récupérer leur matière. La valorisation énergétique intervient en dernier recours.
On peut donc retenir l’ordre suivant :
Réduire → Réemployer → Recycler → Valoriser l’énergie
La nature du plastique, son état, les autres matériaux qui lui sont associés et les possibilités de traitement déterminent la voie qu’il pourra suivre.
À retenir
Un objet portant un symbole indiquant sa famille de plastique n’est pas forcément recyclable partout. Pour faciliter le recyclage, les objets doivent être bien conçus, correctement triés et orientés vers une filière adaptée.
L’objectif est de conserver le plus longtemps possible les objets et les matières déjà fabriqués, afin d’économiser les ressources naturelles et de limiter la quantité de déchets.
LE RECYCLAGE ET LA VALORISATION DES PLASTIQUES USAGÉS - Planche 3 : Les différentes voies de valorisation des plastiques (variante)
1. Réemploi et réutilisation : prolonger la vie des objets
Lorsqu’un objet en plastique reste fonctionnel, la solution la plus intéressante consiste souvent à prolonger son utilisation sans transformer la matière. Emballages réemployables, caisses et bacs de transport, palettes ou certains équipements peuvent ainsi effectuer de nombreux cycles d’usage avant de devenir des déchets.
Le réemploi évite de fabriquer immédiatement un nouvel objet. Il économise donc les matières premières et l’énergie qui auraient été nécessaires à sa production et limite la quantité de déchets générés. C’est pourquoi le prolongement de la durée de vie des produits intervient avant leur recyclage dans la hiérarchie des modes de gestion des déchets.
Les systèmes de consigne et de retour facilitent cette démarche lorsqu’ils permettent de récupérer, contrôler, nettoyer puis remettre en circulation des emballages conçus pour plusieurs utilisations.
Le réemploi n’est cependant pertinent que si l’objet conserve les qualités nécessaires à son nouvel usage et si les opérations de collecte, de nettoyage et de redistribution restent adaptées.
2. Recyclage matière : conserver le polymère
Lorsque l’objet ne peut plus être réemployé, certains plastiques peuvent entrer dans une filière de recyclage mécanique, ou recyclage matière. C’est le processus présenté en détail dans les deux premières planches.
Les déchets sont collectés et triés par familles de polymères, puis broyés et lavés. Les paillettes obtenues sont séchées, fondues et homogénéisées dans une extrudeuse. Elles peuvent ensuite être transformées en granulés constituant une nouvelle matière première industrielle.
Ces granulés servent à fabriquer de nouveaux objets par injection, extrusion, soufflage ou d’autres procédés : bouteilles et flacons, tuyaux, caisses, conteneurs, mobilier, profilés ou pièces techniques.
Cette voie est particulièrement intéressante lorsque le plastique est propre, correctement identifié et suffisamment homogène. Elle conserve directement les chaînes polymériques déjà produites et évite ainsi de reconstruire entièrement la matière à partir de nouvelles molécules de base. Le recyclage mécanique reste actuellement la principale technologie de recyclage des thermoplastiques et présente généralement un impact environnemental inférieur aux procédés chimiques lorsque le flux de déchets s’y prête.
3. Recyclage chimique : transformer les molécules
Certains déchets sont difficiles à recycler mécaniquement : mélanges complexes, matériaux multicouches, polymères fortement contaminés ou matériaux dont les propriétés se sont trop dégradées.
Différents procédés regroupés sous le terme de recyclage chimique cherchent alors à modifier profondément la structure moléculaire des polymères. Contrairement au recyclage mécanique, la matière n’est plus simplement fondue et remise en forme : les longues chaînes moléculaires sont transformées en molécules plus petites.
Plusieurs familles de procédés existent. Certaines dépolymérisations, comme l’hydrolyse ou la glycolyse pour des polymères appropriés, peuvent permettre de récupérer des monomères ou des intermédiaires chimiques. Ceux-ci pourront servir à fabriquer de nouveaux polymères.
La pyrolyse, réalisée à température élevée en absence d’oxygène, transforme quant à elle certains déchets plastiques en mélanges d’hydrocarbures, gaz et autres produits. Après purification et traitements complémentaires, certaines fractions peuvent éventuellement être réintroduites comme matières premières dans l’industrie chimique.
Ces technologies peuvent traiter certains flux difficilement accessibles au recyclage mécanique, mais elles nécessitent des installations complexes et généralement davantage d’énergie. Elles ne constituent donc pas automatiquement une solution préférable au recyclage matière.
4. Valorisation énergétique : récupérer l’énergie de la matière
Lorsque le déchet plastique ne peut être ni réemployé ni recyclé dans des conditions appropriées, il peut être orienté vers une unité de valorisation énergétique.
Les plastiques conventionnels sont riches en carbone et en hydrogène et possèdent généralement un pouvoir calorifique élevé. Leur combustion libère de la chaleur. Dans une installation adaptée, cette énergie chauffe de l’eau et produit de la vapeur, qui peut alimenter un réseau de chaleur ou participer à la production d’électricité.
Cette voie évite de perdre totalement l’énergie chimique contenue dans les déchets résiduels, mais elle détruit la matière polymérique. Le carbone contenu dans les plastiques d’origine fossile est en grande partie transformé en dioxyde de carbone lors de la combustion. Les fumées doivent également subir des traitements destinés à limiter les émissions de polluants.
La valorisation énergétique constitue donc une solution destinée principalement aux déchets qui ne peuvent plus être valorisés sous forme de matière. Dans la hiérarchie de gestion des déchets, elle intervient après la prévention, le réemploi et le recyclage.
Tous les plastiques ne suivent pas la même filière
La possibilité de recycler un plastique dépend de nombreux facteurs : nature du polymère, composition de l’objet, présence d’additifs, couleur, contamination, association avec d’autres matériaux, quantité disponible et existence d’une filière industrielle adaptée.
Le PET, le PEHD et le PP disposent de filières de recyclage mécanique bien établies pour certains usages et certains flux. Le PEBD peut également être recyclé, notamment lorsqu’il provient de flux suffisamment propres et homogènes. D’autres matériaux ou assemblages complexes restent beaucoup plus difficiles à traiter.
Le symbole portant le numéro de la résine permet d’identifier une famille de plastique, mais il ne signifie donc pas à lui seul que l’objet sera effectivement recyclé. La recyclabilité réelle dépend de l'ensemble du produit et des filières disponibles.
Une hiérarchie plutôt qu’une solution unique
Toutes les voies présentées sur la planche n’ont pas la même fonction. Il est préférable, chaque fois que cela est possible, de ne pas produire le déchet, puis de prolonger la vie de l’objet. Lorsqu’il devient réellement un déchet, le recyclage matière permet de conserver au mieux la valeur du matériau. Les transformations chimiques peuvent apporter des solutions complémentaires pour certains flux plus difficiles. La récupération d’énergie intervient lorsque la conservation de la matière n’est plus possible dans des conditions adaptées. Cette logique correspond à la hiérarchie générale retenue pour la gestion des déchets.
Il ne faut donc pas considérer ces quatre voies comme quatre solutions équivalentes entre lesquelles il suffirait de choisir. Elles correspondent plutôt à une dégradation progressive de la conservation de la valeur initiale de l’objet et de sa matière : conserver l’objet entier est préférable lorsque cela est pertinent ; conserver ensuite son polymère est généralement préférable à sa destruction.
Réduire avant même d’avoir à valoriser
Une étape fondamentale précède encore celles représentées sur la planche : réduire la production de déchets. Un objet inutile qui n’est pas fabriqué ne nécessite ni matière première, ni fabrication, ni transport, ni collecte, ni traitement en fin de vie.
La conception de produits durables, réparables, réemployables et facilement recyclables complète donc les progrès réalisés dans les centres de traitement. L’ADEME souligne d’ailleurs que l’amélioration du recyclage ne peut suffire à elle seule à répondre à l’augmentation de la production de plastiques et que réduction, écoconception et réemploi constituent également des leviers essentiels.
À retenir
La gestion des plastiques usagés ne repose pas sur une technologie unique mais sur une succession de solutions à privilégier dans un certain ordre :
réduire → réemployer ou réutiliser → recycler la matière → recourir, lorsque cela est pertinent, à des procédés chimiques → valoriser énergétiquement les déchets résiduels.
L’objectif est de conserver le plus longtemps possible la fonction de l’objet, puis la valeur de la matière qui le constitue, tout en limitant la consommation de nouvelles ressources et la production de déchets.
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